
Nous avons donc accueilli ces jeunes en groupe, trois fois par semaine avec leur éducateur, pendant quelques semaines. La montée en puissance de la saison nous a ensuite contraints d'interrompre temporairement leur venue. Certains n'ont participé qu'une ou deux matinées, n'étant pas intéressés par ce que nous proposions. D'autres, au contraire, venaient avec plaisir plusieurs fois par semaine, semblant apprécier leur participation. Leur travail était conforme à nos attentes en termes de qualité de production, même si la rapidité d'exécution n'était évidemment pas notre critère principal. L'expérience prenait alors une tournure à laquelle je ne m'attendais pas.
En début d'année dernière, nous avons repris contact avec la fondation pour faire le bilan de cette première phase et envisager un nouveau partenariat : accueillir une fois par semaine, le matin, deux jeunes tout au long de l'année : Laïd et Océane. Ils étaient déjà venus durant la saison d'hiver et étaient réguliers. Leurs parcours m'ont interpellée, et certains aspects ont ravivé des échos personnels : des réponses que j'ai eu du mal à accepter, des termes que j'avais entendu tant de fois quand on parlait de ma fille... La collaboration s'est mise en place et toute l'équipe était enthousiaste. J'ai développé une affection sincère pour Laïd et Océane. Après plusieurs semaines, accompagnés de leur éducateur, ils étaient en autonomie complète. L'éducateur les amenait et venait les chercher une fois leur travail terminé. Chaque semaine, nous recherchions et trouvions différentes tâches à leur confier. C'était parfois plus ou moins facile pour eux, mais leurs progrès étaient remarquables. L’aventure s’est arrêtée pour eux deux en cours d’année ; Océane partant faire d’autres stages et Laïd ayant quitté la Fondation.
Parallèlement, nous avons été sollicités par le FIPS (foyer d’insertion professionnelle et sociale) pour un stage en milieu professionnel pour Alexis. Il a commencé son stage le 31 mars 2025 pour une durée de quinze jours. L'expérience a été plus que concluante, et nous aurions aimé pouvoir l’accueillir en contrat pour la saison hivernale dernière, mais il avait d’autres projets en cours.
L’hiver dernier, l’expérience s’est renouvelée et cette fois-ci, nous avons accueilli les jeunes durant toute la saison hivernale, deux fois par semaine. Aucune différence ne s’est installée entre eux et le reste de l’équipe. Nous n’avons pas créé de tables de travail spécifiques pour eux. Bien au contraire, ils se sont mélangés aux autres et ont travaillé dur afin de fabriquer en temps et en heure. L’expérience a été enrichissante pour tous.
Au-delà du travail accompli, cette collaboration est avant tout une magnifique histoire humaine qui a profondément transformé notre regard et soudé nos équipes. C'est la preuve que lorsqu'on leur en donne la chance, ces jeunes sont capables de grandes choses. Toute mon équipe et moi-même espérons de tout cœur que cette belle aventure se poursuivra. Nous sommes plus que jamais déterminés à maintenir nos portes ouvertes pour permettre à d'autres jeunes en difficulté de découvrir le monde du travail, de prendre confiance en eux et de tracer leur propre chemin vers l'avenir."
Comme vous pouvez le voir sur cette jolie photo, cette collaboration est une véritable réussite partagée : elle apporte une formidable énergie à nos équipes et offre à ces jeunes un cadre bienveillant pour s'épanouir, prendre confiance et développer leurs compétences.
Un immense merci à Estelle, à toute l'équipe de production pour leur accueil et leur pédagogie au quotidien, et un grand bravo à ces jeunes pour leur investissement et leur enthousiasme !
C'est aussi à travers ces projets solidaires et ancrés dans notre territoire que s'expriment les plus belles valeurs du Cellier.
